
Un répertoire reçu, puis rendu
Ces chants ne s'inventent pas : ils s'apprennent d'une voix, dans une assemblée.
On apprend un chant comme on apprend un texte : de quelqu'un. Il y a une mélodie juste, des respirations, une manière de tenir la fin d'un vers — rien de tout cela ne s'écrit vraiment.
Le répertoire s'est constitué au fil des séances, en Mauritanie et au Maroc, auprès de maîtres dont l'enseignement passait autant par le chant que par le commentaire.
Les Tawassulāt amharāriyya portent le nom de leur auteur : une composition personnelle qui s'inscrit dans une forme ancienne, et qui la continue.

- Le madīḥ
La louange du Prophète, forme majeure de la poésie religieuse depuis huit siècles.
- Le tawassul
L'invocation par intercession, chantée en assemblée.
- La Burda
Le poème d'al-Būṣīrī, le plus chanté du monde musulman.
- La transposition
Porter ces formes en français sans les trahir : un travail de prosodie autant que de sens.